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CHAPITRE 4

À TRAVERS LE MONDE

France…
Pendant que Rémy cherche une solution avec ses techniciens, pour faire redémarrer les machines, il ne sait pas encore, ce qu’est en train de vivre son fils aîné Thibaut. Pris d’un mauvais pressentiment, il prend son portable, et s’aperçoit qu’il ne s’allume même pas. Il demande donc à un technicien de le dépanner :
— Excuse-moi Fred, mais tu peux me prêter ton portable, je n’ai plus de batterie, merci.
Mais au moment de l’allumer, rien. Alors Rémy sort de son bureau, s’accoude contre le garde-corps, lève le portable en l’air et s’écrie :
— Il y a un problème avec les portables ? Tout le monde sort son portable de sa poche, et au grand étonnement général, aucun ne fonctionne. Rémy se dit qu’un portable ou deux, c’est possible, mais plus de quarante portables c’est impossible. Alors il prend le téléphone de service, et tape le numéro de chez lui en extérieur, mais aucune tonalité ne retentit. L’usine commence à s’agiter sérieusement, pour la première fois, il n’y a pas de solution aux problèmes, qui s’enchaînent les uns après les autres, sans être

résolus. Au bout de trente longues minutes, le DRH en personne apparaît devant Rémy :
— Bonjour, Rémy, nous avons un sérieux problème, il n’y a plus aucune source d’énergie sur le site.
Rémy, inquiet, lui répond :
— Nous avons effectivement un énorme problème, que doit-on faire dans ce cas de figure ?
— Je vais demander à tout le personnel de rentrer chez eux, le temps que nous trouvions la panne avec une entreprise extérieure.
Rémy prend ses affaires, sort ses clés et court vers sa voiture, une familiale de marque allemande, avec fermeture centralisée, comme toutes les voitures dernière génération, mais au moment d’ouvrir son magnifique bolide, la voiture ne s’ouvre pas. Un collègue de boulot, garé à côté, voit la scène et lui dit en s’esclaffant :
— Ah, c’est bien la peine d’acheter une étrangère, voilà le résultat. Regarde ma poubelle, elle est française, mais au moins elle marche très bien. Allez viens monte, on reviendra la chercher plus tard.
Rémy n’hésite pas une seconde, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, et son état d’inquiétude monte d’un cran, il se précipite alors dans cette fourgonnette toute cabossée. En partant du parking, il s’aperçoit que pas mal de personnes n’arrivent pas à ouvrir leur véhicule. Sur la route pour rentrer chez lui, aucun feu de signalisation ne fonctionne, toutes les enseignes lumineuses des magasins sont éteintes, et les gens sont dans la rue, une certaine inquiétude envahit leur visage à chaque fois que l’on entend une explosion au loin retentir.
Les voitures sont au milieu de la route, éparpillées comme des dominos auquel on aurait mis une pichenette au premier, pour faire tomber les autres. Certains klaxonnent, d’autres crient, s’engueulent, s’insultent, il ne faudrait plus grand-chose pour en venir aux mains.
Rémy réfléchit, il ne veut plus aller chez lui :

— Fais demi-tour, et amène-moi plutôt au collège, je vais chercher mon fils ! De son côté, sa femme Sophie a eu la même idée, et de son travail, elle avait décidé d’aller chercher Benjamin au collège. Elle arrive à la hauteur de la nouvelle ligne de tramway, qui doit être inaugurée la semaine suivante, mais en ce moment des tests sont en cours. Elle ralentit, et s’arrête. Sans aucune signalisation lumineuse pour la prévenir de l’arrivée du tram, elle décide prudemment de passer, car c’est la seule route menant au collège, mais au moment où elle enclenche la première, elle avance environ de 5 mètres, au même moment, une nouvelle explosion, sa voiture s’arrête.
Seul l’arrière de sa voiture dépasse sur la voie, ce qui lui suffit pour être percuté par le tramway de cette future ligne, et dont les commandes ne répondent plus.
Le choc est inévitable, mais surtout si violent, que le véhicule se coupe en deux, telle une pomme traversée par une flèche, et la moitié de la voiture dans laquelle se trouve Sophie, fait six tours sur plusieurs mètres, en glissant comme sur une patinoire, pour finir sa course folle, dans le futur abri de tramway.
Au même moment, Thibaut se débrouille tout seul auprès d’Éva, pour aller au boulot du père d’Éva. Il court à peine à une centaine de mètres de sa mère, sans savoir ce qui vient de lui arriver. Sophie a le visage en sang, des morceaux de verre recouvrent son corps, et la fumée du radiateur explosé permet à peine de l’entrevoir dans ce qui reste de la voiture.
États-Unis…
À six mille kilomètres de là, Steve et Jack, ont réussi à bloquer les portes de l’ascenseur, ils ont maintenant accès au toit de la cabine, qui se trouve coincée entre le 68e et le 69e étage.
Après avoir soulevé le couvercle du toit, ils aperçoivent des visages familiers grâce à la lueur des flammes des étages supérieurs. En effet, certains de leurs invités, les derniers à avoir quitté la fête, étaient restés coincés dans l’ascenseur, quelques minutes après avoir quitté l’appartement. Jack a l’idée d’aller chercher la lance à incendie de secours, pour s’en servir de corde. Il se l’entoure à la taille, et dit a Steve de l’assurer, il s’allonge sur le sol, le toit étant au même étage qu’eux. Ils sortent en premier une petite fille de 10 ans, apeurée, qui pleure sans arrêt. La copine actuelle de Jack est dans la cabine elle aussi, mais il fait le choix, de prendre la main de la mère de la fillette, afin qu’elle vienne réconforter sa fille.
Il se cale, confiant, de toute façon avec des bras pareils, il ne peut que la remonter avec facilité.
Il lui dit doucement et d’une voix calme :
— Ne vous inquiétez pas, ce sera bientôt fini.
Cette phrase était faite pour la rassurer, mais au moment où elle monte, dans un grand sifflement, les câbles lâchent, laissant la cabine s’éloigner dans le vide, emportant avec elle une dizaine de personnes, dont leurs amis. Ils entendent les cris s’éloigner, mais il tient une rescapée à bout de bras, ce n’est donc pas le moment de perdre son sang-froid, et sous les hurlements de cette femme qui appelle sa fille, il essaye de la remonter. Steve de son côté, tout en assurant la sécurité de son ami, tient fermement, pour la protéger, la petite fille qui ne cesse d’appeler sa mère de toutes ses forces. Mais en une fraction de seconde, l’un des câbles qui avaient lâché filait à toute allure, pour rejoindre l’ascenseur qui avait déjà fini sa course, en s’écrabouillant dans la fosse, arrachant au passage, la jeune mère des bras de Jack, en la déchiquetant, ne laissant pas le choix à Jack que de se débarrasser des bras sans corps de la jeune femme, les jetant dans le vide, en reculant épouvanté, contre le mur du couloir.
Jack le corps tout tremblant, regarde les larmes aux yeux Steve qui tout en tenant la petite, s’est blotti contre elle.
Jack choqué dit à Steve :

— Il faut qu’on se barre vite fait maintenant ! Steve prend la petite dans ses bras, et ils se remettent à descendre en trombe les escaliers, qui les séparent de la terre ferme.
Pendant que des centaines de personnes sont coincées dans le métro, à quelques mètres sous terre, Steve et Jack atteignent Madison Avenue, mais là encore le choc est foudroyant, les gens crient et cours dans tous les sens, des débris d’immeuble tombe du ciel, explosant les voitures qui se trouvent sur leur chemin. Des corps sans vie jonchent les trottoirs, certains ne sont même pas entiers, certains véhicules ne sont que de simple feuille de métal, aplati par un morceau d’immeuble, ou une enseigne publicitaire. C’est la première fois que ce paysage enneigé est aussi morbide, cette immense rue, qui d’habitude est si vivante, si colorée, si animée, ne ressemble maintenant qu’à une avenue d’après-guerre.
Pendant ce temps, sur Rikers Island, une énorme évasion a lieu, et le commando armé jusqu’aux dents compte prendre la fuite par le seul pont qui les relie au Bronx. Toutes les forces de police présentes sur l’île, sont à leurs trousses. Ils s’engagent à peine sur le pont, quand ils voient au loin des flammes gigantesques, qui couvrent la totalité du pont, et ce n’est pas l’épaisse couche de neige hivernale, qui l’empêchera de brûler. Les ondes électromagnétiques n’ont épargné personne, même pas ce poids lourd rempli de fioul. Ils ne peuvent pas faire demi-tour, et ils ne peuvent même pas avancer. Le véhicule était un blindé qui avait été volé lors d’un braquage de banque, quelques années auparavant, et ils l’avaient aménagé pour l’événement.
Jayden, James et Ryan prennent leur kalachnikov, pendant que l’évadé Tyler, ouvre les portes arrière, afin de faire découvrir aux policiers, cette magnifique sulfateuse.
Samuel, Dylan et Brandon, sont les premiers sur les lieux, suivis par deux autres patrouilles de police. Les voitures sont placées en « V » comme le veut la procédure, afin de bloquer les criminels.

Les tirs commencent à embraser les voitures de patrouilles, et au moment où Dylan met en joue, protégé par la portière de la voiture, James l’atteint le premier, et le touche à l’épaule.
Dylan, assis au sol, recule rapidement avec son bras valide à l’arrière du véhicule, pour se protéger des autres balles, qui ne font qu’augmenter au fil des secondes. Samuel prend vite son Talkie-Walkie :
— Un agent à terre sur le pont Rikers Island ! Je répète : « un agent à terre ! » Mais personne ne répond, il n’entend même pas un petit grésillement.
Au même moment, Tyler met en route sa Dillon M134D Gatling Gun sur pied, fixée à la carrosserie impénétrable de leur coffre-fort roulant, et dans un sifflement aigu, ce sont 4000 balles de 7,62 OTAN à la minute, qui émiette petit à petit les voitures de patrouilles, obligeant les forces de l’ordre à se replier, hors du pont, afin de se protéger de cette puissance de feu, digne d’une guerre. Même les policiers les plus aguerris n’ont jamais été confrontés à ce genre d’arme hors-norme, plus habitués à faire face à un Beretta, un Colt, ou encore un Uzi à la limite, mais une sulfateuse, c’est complètement dingue et surréaliste.
Allemagne…
Cela fait maintenant trois longues heures que Joachim et Ursula sont bloqués, dans leur télésiège, non pour déplaire à leur intimité, qui leur est si chère, mais l’attente se fait de plus en plus longue.
Joachim et Ursula sont mariés depuis 45 longues années, ils sont vraiment la fierté de leur village de Schorn qui borde le magnifique lac de Tegernsee, ainsi que de tout le canton.
Ils n’ont pas d’enfants, car Ursula est stérile, ce problème ne les aura pas empêchés de s’aimer, mais une grosse tristesse affectera le coeur d’Ursula tout au long de sa vie, l’empêchant de donner une ou plusieurs descendances à celui qu’elle chérit le plus au monde.

Ursula était née avec une aiguille entre les mains, elle en fera sa vocation tout au long de sa vie, avec des créations de couture magnifique pour les grandes familles nationales. Elle pouvait broder n’importe quoi, elle ne se servait que de pièces de tissu de prestige, venant des quatre coins du monde, afin d’apporter sa touche personnelle, et ainsi ravir des clients toujours plus pointilleux.
Joachim quant à lui, était un petit forgeron sans aucune prétention, ayant repris l’entreprise familiale, il adorait à ses heures perdues, confectionner des petits personnages imaginaires avec des chutes qu’il gardait spécialement dans un grand panier en osier. Il adorait le sport et il était un footballeur remarquable, connu de toutes et de tous.
Elle aimait beaucoup la nature, avec ces fleurs aux multiples couleurs et senteurs, à chaque sortie elle se confectionnait de nouveaux bouquets, jamais le même. Elle savait aussi reconnaître les arbres, c’est son oncle qui lui avait appris toute petite. Mais ce qu’elle préférait par-dessus tout, c’était d’observer pendant des heures, la diversité animale qui faisait la beauté de cette forêt Elle savait prendre le temps d’admirer ce que la nature nous offre chaque jour, et que beaucoup ne voient plus.
Leur rencontre, comme celle de beaucoup de couples de leur âge, s’était faite lors d’un bal de village. Elle était la Marilyn Monroe allemande, avec les mêmes cheveux ondulés, vêtue d’une longue robe prune, sur laquelle des centaines de perles blanches en forme de gouttelettes, ruisselaient, donnant l’impression d’une rose vivante. Elle l’avait confectionnée elle-même, et elle en était si fière.
Lui était habillé avec des mocassins reluisants noirs, un pantalon en velours vert feuille de chêne, et une chemise en velours bleu marine, avec des cheveux gominés, plaqué sur le côté.
Cela faisait quelques minutes qu’elle lui volait son intimité de loin, en le regardant de haut en bas, et détournait le regard en éclatant de rire avec ses copines, chaque fois qu’il la regardait.

Ce sera simplement sur une valse qu’il osera lui adresser la parole, en lui demandant de lui accorder cette danse. Leurs deux corps se collèrent de plus en plus, dans une danse fluide et parfaite, ce sera l’image de leur couple toute leur vie. Le coup de foudre les fera marier quelques semaines plus tard, pour le meilleur et pour le pire.
Espagne…
Elle est là, seule dans le noir, plus aucun bruit, elle attend au cas où, encore une minute. Elle pousse doucement la porte du placard de la cuisine, pour voir s’il est possible de s’échapper de cette maison maudite. Les larmes lui montent, quand sous ses yeux, elle ne reconnaît même plus sa propre maison, tellement la tempête a été violente. La seule chose qui bouge encore devant elle, c’est Némo, le poisson rouge que son père lui avait offert, pour se faire pardonner de son retard pour son anniversaire. Il cherche de l’eau, pour barboter comme avant, en oubliant ce mauvais souvenir, il bouge dans tous les sens sur le gazon fraîchement mouillé.
Avant il y avait cet imposant salon qui donnait sur la terrasse en pierre, séparant la cuisine équipée laquée de blanc et de noir, d’un immense jardin verdoyant. Mais elle découvre en sortant de son meuble qu’elle pose les pieds directement dans son jardin, il ne reste plus rien de la maison où elle a grandi, la seule partie à ne pas avoir été déchirée par la tornade, été la cuisine accolée à la salle de bains.
Elle prend Némo délicatement entre ses deux mains, et décide de lui redonner sa liberté en le jetant directement dans le ruisseau derrière chez elle, il sera d’autant plus content, car avec la tempête, ce n’est plus un ruisseau, mais une rivière, qui le mènera directement à ses congénères, et qui sait, peut-être même à sa famille.

Elle sait où sa mère a l’habitude d’aller pour faire les boutiques, alors elle s’empresse de traverser en courant tous les jardins des voisins, qui n’ont plus de clôture pour les séparer.
Certaines propriétés, qui étaient magnifiques auparavant, avec leurs palmiers, leurs bananiers, ainsi que leurs murs de bougainvilliers, n’étaient devenues que de vulgaires terrains vagues.
Des voitures sont plantées dans des maisons, un bus est à moitié dans le vide, perché sur un immeuble, avec des gens à bord qui crient au secours, elle reste vraiment abasourdie devant ce spectacle désastreux, mais son but et de retrouver sa mère, alors elle continue sa course, et entame la grande avenue de boutiques, qui d’habitude est si vivantes, grouillante de gens heureux et souriants.
Elle ne reconnaît plus rien, il y a des déchets en tous genres partout, les authentiques pavés qui jonchent la rue ont été arrachés du sol, des bouches d’égout sont plantées dans les murs, certains établissements n’existent même plus, il n’en reste rien, comme s’ils n’avaient jamais été construits.
Elle rentre en trombe dans la boutique chic, qui n’est plus maintenant qu’une friperie de bas étage.
— Maman ! MAMAN ! Au bout de 5 ou 6 appels, elle entend au fond de la boutique, dans un son étouffé, son prénom.
Elle s’approche en jetant derrière elle les habits pour lesquels elle aurait pu se battre quelques jours auparavant, mais la vie de sa mère est en jeu, elle se débarrasse de tout ce qui lui barre le passage. Elle soulève un gros tas d’habits de toutes sortes, pour découvrir le visage de sa mère.
— Laura ma chérie, tu es en vie, nous sommes vraiment bénis.
— Où est papa ?
— Ton père est au large pour une pêche au gros ! J’espère qu’il va bien, et qu’il ne lui est rien arrivé.
— Allons au port vite, il faut voir s’il a pu rentrer sain et sauf. Maman dépêche-toi, allez ! Quand sa mère mit les pieds hors de la boutique, un grand frisson traversa la totalité de son corps, en

un millième de seconde, pour laisser place aux larmes qu’elle ne put retenir en voyant cette rue dévastée, cette même rue qu’elle chérissait tant et qu’elle était heureuse d’arpenter plusieurs fois par semaine, dans une ambiance estivale.
Elles partirent vers le port, qui n’était qu’à 200 mètres de la boutique. Ce magnifique port dans lequel les bateaux étaient à quai, tous alignés parfaitement, comme un champ d’oliviers, n’était plus rien du tout. Les pontons sur lesquels les gens prenaient plaisir à venir admirer tous ces bateaux n’étaient plus que des brindilles de bois flottant à la surface. Les centaines de bateaux qui étaient exposés là, étaient éparpillés un peu partout, autour et dans la ville, dont certains flottaient encore, mais à l’envers, alors que d’autres étaient encastrés dans des voitures, ou bien encore dans des bâtisses.
Elles ne retrouvèrent pas rapidement le bateau en question, car il était enchevêtré avec 2 ou 3 autres bateaux.
La surprise qui les attend ne les satisfera pas du tout, laissant leurs questions sans réponses.

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Ludovic Spinosa

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